vendredi 21 mars 2014

Journée Mondiale de la Poésie

Bonjour à tous :)

Aujourd'hui, c'est la Journée Mondiale de la Poésie.

Cette reconnaissance internationale n'est en place que depuis 1999 et je trouve ça dommage parce que la poésie est un art qui a toujours existé en fin de compte, que ce soit à travers d'autres arts comme la peinture ou la sculpture, ou d'elle-même dans les textes.

J'ai donc décidé de vous publier des poèmes que j'apprécie toute la journée, sur la page FB et le blog :)

La poésie est un art que j'apprécie "énormément et qui me suis au quotidien lorsque j'écris.

Je vous présente, sans plus tarder : Avant que le Monde ne fut, de William Butler Yeats, poète Irlandais.


Si j’assombris mes cils
Et illumine mes yeux
Et fais mes lèvres plus écarlates,
Ou demande si tout cela est juste
De miroir en miroir,
Sans montrer de vanité :
Je cherche le visage que j’avais
Avant que le monde ne fût.

Et si je regarde un homme
Comme on regarde son aimé,
Comme si mon sang un instant se glace
Dans mon coeur immobile ?
Pourquoi penserait-il que je suis cruel
Ou qu’il soit trahi ?
J'aurais aimé le voir aimer ce qui était
Avant que le monde ne fût.


Poème # 4
Les Hommes Creux, TS Elliot


I

Nous sommes les hommes creux
Les hommes empaillés
Cherchant appui ensemble
La caboche pleine de bourre. Hélas !
Nos voix desséchées, quand
Nous chuchotons ensemble
Sont sourdes, sont inanes
Comme le souffle du vent parmi le chaume sec
Comme le trottis des rats sur les tessons brisés
Dans notre cave sèche.

Silhouette sans forme, ombre décolorée,
Geste sans mouvement, force paralysée ;

Ceux qui s’en furent
Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort
Gardent mémoire de nous – s’ils en gardent – non pas
Comme de violentes âmes perdues, mais seulement
Comme d’hommes creux
D’hommes empaillés.

II

Les yeux que je n’ose pas rencontrer dans les rêves
Au royaume de rêve de la mort
Eux, n’apparaissent pas:
Là, les yeux sont
Du soleil sur un fût de colonne brisé
Là, un arbre se balance
Et les voix sont
Dans le vent qui chante
Plus lointaines, plus solennelles
Qu’une étoile pâlissante.

Que je ne sois pas plus proche
Au royaume de rêve de la mort
Qu’encore je porte
Pareils francs déguisements: robe de rat,
Peau de corbeau, bâtons en croix
Dans un champ
Me comportant selon le vent
Pas plus proche -

Pas cette rencontre finale
Au royaume crépusculaire.

III

C’est ici la terre morte
Une terre à cactus
Ici les images de pierre
Sont dressées, ici elles reçoivent
La supplication d’une main de mort
Sous le clignotement d’une étoile pâlissante.

Est-ce ainsi
Dans l’autre royaume de la mort:
Veillant seuls
A l’heure où nous sommes
Tremblants de tendresse
Les lèvres qui voudraient baiser
Esquissent des prières à la pierre brisée.

IV

Les yeux ne sont pas ici
Il n’y a pas d’yeux ici
Dans cette vallée d’étoiles mourantes
Dans cette vallée creuse
Cette mâchoire brisée de nos royaumes perdus

En cet ultime lieu de rencontre
Nous tâtonnons ensemble
Evitant de parler
Rassemblés là sur cette plage du fleuve enflé

Sans regard, à moins que
Les yeux ne reparaissent
Telle l’étoile perpétuelle
La rose aux maints pétales
Du royaume crépusculaire de la mort
Le seul espoir
D’hommes vides.

V

Tournons autour du fi-guier
De Barbarie, de Barbarie
Tournons autour du fi-guier
Avant qu’le jour se soit levé.

Entre l’idée
Et la réalité
Entre le mouvement
Et l’acte
Tombe l’Ombre

Car Tien est le Royaume

Entre la conception
Et la création
Entre l’émotion
Et la réponse
Tombe l’Ombre

La vie est très longue

Entre le désir
Et le spasme
Entre la puissance
Et l’existence
Entre l’essence
Et la descente
Tombe l’Ombre

Car Tien est le Royaume

Car Tien est
La vie est
Car Tien est

C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
C’est ainsi que finit le monde
Pas sur un Boum, sur un murmure.

Poème # 6 :

Ma bohème



Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur RIMBAUD   (1854-1891)

Poème # 8

Adélaïde Dufrénoy
Le Besoin d'aimer



Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
          Suis-je triste au sein des plaisirs?
          Quand tout sourit à mes désirs,
          ¨Pourquoi ne suis-je pas heureuse?

Pourquoi ne vois-je plus venir à mon réveil
          La foule des riants mensonges?
          Pourquoi dans les bras du sommeil
          Ne trouvé-je plus de doux songes?

Pourquoi, beaux-arts, pourquoi vos charmes souverains
          N'enflamment-ils plus mon délire?
          Pourquoi mon infidèle lyre
          S'échappe-t-elle de mes mains?

Quel est ce poison lent qui pénètre mes veines,
          Et m'abreuve de ses langueurs?
          Quand mon âme n'a point de peines,
          Pourquoi mes yeux ont-ils des pleurs?

Elégies, 1813


Poème # 1
Vous pouvez également retrouver le premier poème posté ce matin : Brumes et Pluies, de Baudelaire, juste ici =>
https://www.facebook.com/168567209995942/photos/a.169148186604511.1073741826.168567209995942/234006836785312/?type=1&theater

Poème # 3
L'adieu, d’Apollinaire :

https://www.facebook.com/168567209995942/photos/a.169148186604511.1073741826.168567209995942/234023196783676/?type=1&theater

Poème # 5 : Pressentiment, d'Emily Dickinson :

https://www.facebook.com/168567209995942/photos/a.169148186604511.1073741826.168567209995942/234045233448139/?type=1&theater




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire